Bibliographie

 

 

Gilbert Serres

 

Préface de Charles Jude

 

ALEXANDRE KALIOUJNY

 

Alexandre Kalioujny

 

 

 

Caravel Création

 

INTRODUCTION

 

Lors de son établissement à Nice, de 1962 à 1967, Alexandre (Sasha/Sacha) Kalioujny a été mon principal professeur de perfectionnement. En septembre 1962, à l’âge de 15 ans, j’avais été engagé au ballet de l’Opéra de Nice et j’allais m’entraîner régulièrement à son studio, situé au boulevard Gambetta. Par ailleurs, Sacha nourrissait l’espoir de me voir entrer à l’Opéra de Paris.

En 1966, lors de mon service militaire, mon colonel m’avait donné l’autorisation de passer une audition auprès de Michel Descombey, dans le but d’obtenir une bourse pour jeunes artistes. Je ne l’avais pas obtenue mais Descombey m’avait promis de m’engager, dès que la crise à l’Opéra aurait cessé.

Les mois passèrent, les rencontres et aléas de la vie firent que Solange Golovine me conseilla d’auditionner pour le P.A.C.T Ballet à Johannesburg. Je fus engagé comme soliste en novembre 1968. En 1969 j’étais nommé Principal (danseur étoile).

Même si Sacha était fier de ma réussite, je crois qu’il fut affecté par mon départ pour l’Afrique du Sud. Lors de mon retour en France, il était devenu assez distant, plutôt réservé dirais-je – un trait de son caractère – tout en ne m’en touchant mot. Son espoir de voir rentrer un de ses élèves à l’Opéra Garnier, toutes proportions gardées, fut exaucé en 1972 avec Charles Jude, qu’il prépara au conservatoire de Nice et présenta, avec le succès que l’on connait.

 

Cependant, mon contact avec le couple Kalioujny-Besse ne s’interrompit jamais. À chaque passage à Paris, j’allais les visiter. Dix ans après le décès de Sacha, son épouse, Alice Besse, dont j’étais resté un ami fidèle, m’offrit la médaille commémorative, ainsi que la plaquette Hommage à Alexandre Kalioujny publiée en septembre 1990 par l’Opéra Garnier, avec le concours du Cercle Carpeaux. Une idée germa alors dans son esprit.

« Puisque vous avez déjà écrit des livres de danse, ne pourriez-vous pas faire une seconde plaquette pour les quatre-vingt cinq ans du décès de Sacha ? »

« Pourquoi pas ? Avec honneur et plaisir ! »

Ceci dit, elle m’ouvrit ses cartons de souvenirs pour choisir ensemble les photos et documents pour la présente publication. Début mars 2008, mon éditeur et moi étions fin prêts, mais la santé d’Alice déclinait ; hospitalisation, opération, complications. Lors de mes dernières visites à son hôpital, je lui avais présenté l’évolution de la maquette et elle m’avait donné son feu vert.

 

Alice m’avait par conséquent confié tous les documents et photos présentement publiés, y compris une trentaine de pages manuscrites de Kalioujny, concernant des enchaînements pour le milieu des cours qu’il donnait aux Étoiles de l’Opéra.

Quelques jours avant son décès (19 avril 2008) j’avais ramené à son domicile de la rue Jacquemont tous ces documents, en présence de son employée de confiance et amie. Sa nièce, Mme Nathalie Arnaud, fut la seule héritière des biens du couple Kalioujny, biens qu’elle donna en partie à la Bibliothèque-Musée de l’Opéra, l’autre partie ayant été léguée précédemment par Alice.

Malgré mes recherches pour retrouver les originaux de ces manuscrits – que j’ai eus pour un temps entre les mains – plus de trace. Dieu sait où ces manuscrits sont passés ! Heureusement que j’avais pris la précaution de numériser tous les documents et l’iconographie.

 

Au mois de mai 2009, malgré tout, j’avais demandé l’autorisation à Mme Nathalie Arnaud de publier l’ouvrage. Ce qu’elle accepta par écrit mais, faute de trouver un éditeur, le projet tomba à l’eau. Avec la préparation en cours de trois autres ouvrages biographiques sur Enrico Cecchetti, Germinal Casado et Maurice Béjart, j’avais mis entre parenthèses celui sur Alexandre Kalioujny. 2013 étant le 90ème anniversaire de sa naissance, j’ai repris ce mois d’octobre la réalisation du concept.

 

Avec cette auto-publication, je désire non seulement respecter la volonté d’Alice, mais aussi rendre un hommage à mon professeur, mentor et ami Alexandre Kalioujny… notre Sacha !

Note de bas de page (sur la date de leur premier grand succès de pas de deux Roméo et Juliette le23 mai 1947à l’Opéra-Comique).

_________________________

 

2 Coïncidences troublantes (du moins, me concernant): Je suis né le 22 mai 1947, le jour précédent ce grand succès. Or Alexandre Kalioujny et Lycette Darsonval, furent tous deux, quinze ans plus tard, mes principaux professeurs, ainsi que mes mentors. Darsonval fut également mon maître de ballet à l’Opéra de Nice en 1962 et 1963. Pour me lancer au devant de la scène, en 1965, elle me choisit comme partenaire pour le pas de deux des Sylphides et, en 1967, dans le rôle du prince Albrecht, pour un film sur Giselle, projeté à l’occasion de la conférence de Serge Lifar au Palais de la Méditerranée. J’avais respectivement dix-huit et vingt ans, Darsonval la mi-cinquantaine, mais sur scène elle paraissait beaucoup plus jeune ! Quant à Kalioujny, je lui dois beaucoup : c’est lui qui m’a appris non seulement la technique de la danse masculine mais surtout celui de m’avoir enseigné les règles du pas de deux et des grands portés.

Autre fait marquant, ces deux étoiles décédèrent à dix ans d’écart, Kalioujny décéda le 6 octobre 1986, Darsonval, le 1er novembre 1996

 

 

 

En 19603, désireux de se retirer au sommet de sa forme, Alexandre Kalioujny – bien que tout en n’ayant que trente-sept ans – abandonne la scène pour se consacrer à l’enseignement, tout d’abord en ouvrant une école privée à Nice. C’est dans ma ville natale qu’il m’encourage et me prépare pour avoir tous les atouts. En 1968, il succède à Lycette Darsonval au conservatoire régional, où il insuffle la vocation de danseur à Charles Jude, à l’époque plus attiré par le sport que par la danse. Charles Jude fut promu en 1977 Étoile de l’Opéra de Paris, après sa prise de rôle magistrale dans Ivan le Terrible de Youri Grigorovitch. Il fut sans doute le plus beau danseur étoile de sa génération.

 

________________________

 

3 Kalioujny fit un seul retour sur scène en 1962 pour un gala de charité au Théâtre Municipal de Nice – alors situé sur la place Masséna – dans le pas de deux Soirées Musicales, avec Liane Daydé. J’ai eu par conséquent le bonheur de l’avoir vu danser sur scène, en dehors de ses rares et courtes démonstrations en studio de la mazurka de Suite en blanc, qu’il m’avait enseignée pour un concours.

 

 

manuscrits des Enchaînements (milieu)

d’Alexandre Kalioujny

 

Comme expliqué dans l’introduction, Alice Kalioujny-Besse m’avait remis en main trente trois pages manuscrites des enchaînements du milieu, faisant partie des cours de Kalioujny pour les Étoiles de l’Opéra. Elle désirait publier ces manuscrits dans la plaquette que je devais réaliser. Une seule page (n°1 - pointes) fut éditée dans la plaquette commémorative de 1990.

 

Au cas où ces documents ne seraient pas ‘perdus’ et qu’ils auraient été légués aux archives de la Bibliothèque nationale-Opéra Garnier, nul ne pourrait être au courant de leur existence, hormis à la suite d’une demande officielle de consultation. Souvent de rares photos et documents exceptionnels sont relégués aux tiroirs pour leur conservation. Peu d’entre eux sont exposés ou bien même publiés et c’est très regrettable, même si tout ne peut forcément pas l’être.

 

Ma motivation est, par conséquent, non seulement de respecter la volonté d’Alice, mais aussi d’en faire profiter les danseurs de la génération de Sacha, devenus pédagogues et qui perpétuent à la lettre son exceptionnel enseignement. Avec leurs souvenirs d’avoir exécuté ces enchaînements du milieu, ils n’auront, je pense, aucune difficulté à les transmettre à leur tour.

 

N.B : Ces combinaisons ne sont pas tous présentées dans l’ordre chronologique du cours.

 

4ème de couverture

(Photo d’Alexandre Kalioujny dans les Danses polovtsiennes)

 

Transfuge de l’athlétisme à la danse, le jeune Alexandre Kalioujny débute au Ballet de Cannes en 1942. En 1946, il connaît la consécration avec Les Danses polovtsiennes du Prince Igor et, l’année suivante, il est engagé, fait exceptionnel, en tant qu’Étoile à l’Opéra de Paris pour être le partenaire de Tamara Toumanova dans Le Baiser de la fée de George Balanchine. Partenaire également d’Yvette Chauviré, de Lycette Darsonval, Solange Schwartz, Nina Vyroubova, Liane Daydé et de Zizi Jeanmaire, il créa plusieurs chorégraphies de Serge Lifar, George Balanchine, et d’Harold Lander.

 

Pour son rôle de l’Esclave d’or dans Schéhérazade, Bernard Gavoty – sous le pseudonyme de Clarendon – écrivit dans le quotidien Images du Monde :

 

Un extraordinaire danseur dont la grâce, le style et les bonds prodigieux évoquent, paraît-il, Nijinsky.

 

Sacha – pour ses intimes, amis, partenaires, collègues et élèves privilégiés – a été non seulement un des plus grands danseurs de sa génération, mais également un pédagogue très apprécié par un grand nombre d’Étoiles, Premiers danseurs et Solistes de l’Opéra.

 

Pour son rôle de l’Esclave d’or dans Schéhérazade, Bernard Gavoty – sous le pseudonyme de Clarendon – écrivit dans le quotidien Images du Monde :

 

Un extraordinaire danseur dont la grâce, le style et les bonds prodigieux évoquent, paraît-il, Nijinsky.

 

Sacha – pour ses intimes, amis, partenaires, collègues et élèves privilégiés – a été non seulement un des plus grands danseurs de sa génération, mais également un pédagogue très apprécié par un grand nombre d’Étoiles, Premiers danseurs et Solistes de l’Opéra.

 

 

 

 

 

Publication : Caravel Création, février 2014. 

Tirage à 200 exemplaires numérotés.

75 pages - format A4 - papier glacé sépia clair.

32 photos n/b.

33 pages manuscrites des cours d’Alexandre Kalioujny pour les Étoiles de l’Opéra de Paris.

 

Prix de souscription auprès de l’auteur : 22.50 €. Souscription close : le 28 février 2014.

(Frais d’expédition hors Belgique : 7.50 € pour 1 ou 2 exemplaires : 17.00 € de 3 à 10 exemplaires)

 

Règlement par virement interbancaire

Gilbert Serres

IBAN: BE83 0003 5004 5415

BIC: BPOTBEB1

Banque de la Poste

Paalstraat

2900 Schoten – Belgique